Je me protège, je me vaccine cet automne

Gestion dynamique des stocks de vaccins contre la COVID-19

Un mix vaccinal optimal permettant de (re)vacciner l’ensemble de la population dès que nécessaire.

L’histoire a montré que les vaccins pouvaient rapidement devenir des denrées rares. Afin de protéger au mieux la population contre la COVID-19, le SPF Santé Publique s’assure de disposer en suffisance de vaccins variés permettant de (re)vacciner l’ensemble de la population belge éligible dès que les autorités scientifiques l’estiment nécessaire.

Les achats de vaccins COVID-19 sont régis par des contrats négociés entre la Commission européenne et les firmes pharmaceutiques. Jusqu’au 19 septembre 2022, 33.684.155 doses de vaccins ont été livrées à la Belgique en vue de la campagne de vaccination sur le territoire belge :

Q Pfizer BioNTech Pfizer BioNTech pediatric Pfizer RTU ad. BA.1 Moderna Moderna ad. boost BA.1 Astra Zeneca Janssen Novavax TOT.
Q4/20 9.750 9.750
Q1/21 1.564.095 254.400 789.600 2.608.095
Q2/21 6.319.170 892.800 1.925.500 562.000 9.699.470
Q3/21 6.041.880 339.600 122.100 67.200 6.570.780
Q4/21 852.930 336.000 2.462.400 3.651.330
Q1/22 1.905.570 1.008.000 1.151.400 423.000 4.487.970
Q2/22 2.277.090 2.277.090
Q3/22 3.496.320 883.350 4.379.670
TOT. 18.970.485 1.344.000 3.496.320 5.100.600 883.350 2.837.200 629.200 423.000 33.684.155

Le tableau illustre les doses de vaccin livrées à la Belgique en vue de la campagne de vaccination sur le territoire belge, tenant compte du nombre officiel de doses contenues dans un flacon. Les quantités de vaccin Moderna sont calculées en doses 100 µg.

Au 19 septembre 2022, les stocks de doses de vaccins contre la COVID-19 disponibles en Belgique s’élevaient à :

Vaccin Nombre
Pfizer/BioNTech 3.617.394
Pfizer/BioNTech Pediatric 910.578
Pfizer RTU adapted BA.1 1.748.160
Moderna 2.286.000
Moderna adapted boost BA.1 403.800
AstraZeneca
Janssen (J&J) 190.310
Novavax 408.080
TOT. 9.156.242

La protection de la population belge tout en soutenant l’équité et la coopération internationale

Depuis le début de la campagne de vaccination contre la COVID-19, la Belgique s’est érigée en leader dans la redistribution des doses de vaccins auprès des pays ayant peu voire aucun accès à ces vaccins. Les donations internationales font en effet partie intégrante de la stratégie de vaccination belge. Les surplus de vaccins peuvent être dédiés aux donations internationales. Ces vaccins peuvent être directement libérés au cas où des demandes seraient formulées en ce sens. Toutefois, depuis le début de l’année 2022, la demande en vaccins a fortement diminué en raison d’une augmentation de l’offre internationale et des difficultés temporaires d’absorption des doses offertes par les pays bénéficiaires.

1) Donations via COVAX

Grâce à la collaboration entre le SPF Santé Publique, le SPF Affaires étrangères/Coopération au Développement et le mécanisme multilatéral COVAX, la Belgique compte parmi les pays ayant fait proportionnellement don du plus grand nombre de doses de vaccins compte tenu de sa population. En outre, la Belgique endosse le rôle de facilitateur européen pour le vaccin J&J, ce qui a permis de procéder aux donations de plus de 11 millions de doses de ce vaccin à l’échelle européenne.

Au 15 septembre 2022, la Belgique a procédé aux donations suivantes :

Nombre total de doses offertes à et acceptées par GAVI

COVAX - Belgique* Pfizer Moderna AstraZeneca Janssen TOTAL
Juillet ‘21 / / 393.600 / 393.600
Août ‘21 / / 774.800 / 774.800
Septembre ‘21 / / 453.120 / 453.120
Octobre ‘21 / / 913.200 / 913.200
Novembre ‘21 431.730 / 965.500 3.830.400 5.227.630
Decembre ‘21 / 636.000 391.100 / 1.027.100
Janvier ‘22 / / 535.200 633.600 1.168.800
Février ‘22 / / 436.800 / 436.800
Mars ‘22 2.024.100 / / / 2.024.100
Avril ‘22 / 1.623.000 / / 1.623.000
TOTAL 2.455.830 2.259.600 4.863.320 4.464.000 14.042.750

Nombre total de doses allouées et livrées aux pays destinataires

COVAX - livrées** Pfizer Moderna AstraZeneca Janssen TOTAL
Armenia / / 187.200 / 187.200
Burkina Faso / / 50.000 / 50.000
DR of Congo / / / 633.600 633.600
Egypt / / 895.460 / 236.160
Kenya / / 445.300 / 445.300
Kiribati 31.680 / / / 31.680
Mozambique / / 357.060 1.209.600 1.566.660
Niger / / / 496.800 496.800
Rwanda / 636.000 573.800 / 1.209.800
Senegal / / 405.600 / 405.600
Solomons Islands 8.640 / / / 8.640
Tanzania / / / 115.200 115.200
Uganda / / 396.000 / 396.000
TOTAL 40.320 636.000 3.692.020 4.464.000 8.832.340

La différence entre les doses offertes par la Belgique à COVAX* et les doses de vaccin livrées aux pays du deuxième tableau** s’explique par le fait que ces doses doivent être allouées par Gavi aux pays destinataires qui, eux-mêmes, doivent formuler une demande (spécifiant le type de vaccins souhaité et le volume), et ensuite accepter la donation proposée par un pays en particulier. Une fois que les doses ont été acceptées par les pays destinataires, Gavi met en œuvre la logistique des donations afin de procéder à la livraison des doses. Dans l’attente, les doses restent stockées chez le fabricant.

2) Donations via UCPM

A côté de COVAX, la Belgique procède également à des donations bilatérales via le mécanisme européen de protection civile (UCPM). Ce mécanisme permet de répondre à des demandes d’aide (notamment en vaccins) émanant de pays tiers en bénéficiant d’un support européen pour couvrir les frais de transport et/ou coûts opérationnels.

Le tableau ci-dessous reprend les dons bilatéraux déjà effectués via UCPM : 

Nombre total de doses offertes via des donations bilatérales

UCPM - Belgique* AstraZeneca Pays
Août ‘21 150.000 Tunisia
Septembre ‘21 100.000 Vietnam
Septembre ‘21 153.900 Uganda
TOTAL 403.900 /

Des pertes de vaccins inévitables mais maitrisées

Toute campagne de vaccination génère des pertes de vaccins. Bien que l’ensemble des acteurs impliqués dans la campagne de vaccination belge contre la COVID-19 veille à les minimaliser, celles-ci sont inévitables. Elles s’expliquent notamment par des accidents externes (coupures d’électricité, inondations…) ou liés aux manipulations lors de la décongélation et la préparation des vaccins, par des flacons ne pouvant être entièrement consommés dans le délai imparti ou encore par des problèmes rencontrés lors de la conservation des vaccins. Ces pertes s’expliquent plus largement par la courte durée de validité des vaccins livrés (6 à 12 mois) et l’arrivée à péremption des stocks non utilisés. Compte tenu de l’incertitude persistante sur les phases de vaccination ultérieures et l’évolution de la pandémie, et afin de pouvoir offrir à tout moment des vaccins adaptés à l’ensemble de la population (quelles que soient leurs indications en termes de groupes-cibles et le nombre de doses nécessaires) tout en participant à l’effort international de partage des vaccins, la Belgique dispose d’un arsenal vaccinal qui dépasse ses besoins propres. En cas de ralentissement de la demande intérieure ou extérieure de vaccins, des vaccins doivent inexorablement être détruits à l’échéance de leur date d’expiration, et ce, selon les normes pharmaceutiques en vigueur.

Au 30 aout 2022, les pertes représentaient 1,5 % du nombre total de vaccin reçus, soit pour un usage sur le territoire belge, soit à l’étranger dans le cadre des donations effectuées.

Des enjeux qui dépassent les frontières de la Belgique

En 2020, l’UE et un certain nombre d’autres acteurs majeurs ont investi massivement dans l’augmentation de la production mondiale des vaccins COVID-19. Il est important de noter que cet investissement a été réalisé avant de savoir si ces vaccins seraient efficaces. Les décideurs de chaque pays étaient prêts à faire ces investissements à risque en raison de l’énorme valeur attachée au fait de disposer de vaccins le plus tôt possible et en volumes nécessaires. Le développement des vaccins a connu un succès que très peu de personnes avaient prédit en 2020. Sur les huit vaccins du portefeuille de vaccins de l’UE, cinq ont reçu une autorisation de mise sur le marché, deux sont encore en cours d’examen et un seul abandonné en cours de route.

Les mesures décisives prises à risque en 2020 ont porté leurs fruits. Les capacités de production de vaccins ont été renforcées à une vitesse sans précédent. Les États membres de l’UE ont eu accès à des vaccins sûrs et efficaces dès le début de leur mise sur le marché, et à grande échelle. Tous les citoyens de l’UE ont ainsi pu bénéficier d’une vaccination primaire et d’une vaccination de rappel, ce qui a permis de sauver un très grand nombre de vies et d’atténuer l’impact de la pandémie sur la vie sociale et économique.

Elle a également permis l’utilisation d’un grand nombre de ces vaccins dans le cadre des efforts mondiaux de lutte contre la pandémie. Environ deux tiers des doses de vaccin produites dans l’UE - soit plus de 2 milliards de doses de vaccin - ont été exportées. Les États membres se sont engagés à donner plus de 405 millions de doses jusqu’à présent (au 4 avril 2022), principalement par le biais de COVAX. Environ 352 millions de doses ont déjà été livrées aux pays bénéficiaires.

Grâce à tous ces efforts, la production mondiale de vaccins est telle qu’il n’y a plus guère de demande non satisfaite pour les vaccins COVID-19 dans le monde. Bien qu’il s’agisse d’un résultat remarquable, il convient de souligner que cela ne signifie pas que tous ceux qui souhaitent être vaccinés l’ont été ou peuvent l’être. Le travail doit maintenant se concentrer sur l’augmentation de la capacité d’un certain nombre de pays à déployer leur capacité vaccinale plus efficacement et à plus grande échelle, et sur la lutte contre l’hésitation vaccinale des populations non-vaccinées afin de leur permettre de bénéficier de la grande disponibilité des vaccins COVID-19. Au fur et à mesure que ce travail se déploie, nous pouvons nous attendre à une augmentation de la demande de livraisons supplémentaires de vaccins.

Dans le même temps, les États membres de l’UE continuent à s’assurer qu’ils disposent des stocks stratégiques de vaccins dont ils ont besoin pour faire face à l’évolution épidémiologique potentielle. Cela implique de disposer de contrats d’approvisionnement permettant la fourniture de vaccins adaptés, si cela s’avère nécessaire. La Commission européenne et les États membres travaillent en étroite collaboration avec les fabricants pour aligner l’offre et la demande de la manière la plus optimale possible. Ainsi, les livraisons de vaccins ont pu être étalées dans le temps, afin de répondre davantage au calendrier des campagnes vaccinales envisagées et dès lors limiter les pertes potentielles.

Les vaccins actuels ont une durée de conservation spécifique, qui est validée par l’EMA en fonction des caractéristiques particulières de chaque vaccin. Étant donné le faible rythme de vaccination actuel, le maintien de stocks stratégiques signifie que certaines doses expirent avant d’avoir pu être administrées en Europe ou dans le monde. Ces doses doivent malheureusement être détruites. Les autorités mettent tout en œuvre pour minimaliser les doses détruites en travaillant avec les fabricants (notamment afin de les inciter à évaluer leurs données de stabilité sur de plus longues périodes), les partenaires mondiaux et les pays tiers (en vue de simplifier les procédures administratives pour accélérer les donations).